Orgie littéraire

Ici on jouit. Textuellement.

Premier extrait de Effeuilleuse

Les Yeux du dedans - Partie 1

[…]

Il obéit et pour la première fois, hésite : que faire de ce vêtement pendu au bout de son bras ?

– À terre, dis-je comme une évidence.

Il le lâche. Le cuir du vêtement produit un bruit mou sur le carrelage. Comme si leur rencontre avait actionné l’un de mes mécanismes secrets, je hausse le ton. Soudain mes ordres fusent. Après le vide, le trop-plein, l’avalanche, la surcharge, brutal changement de régime qui fait disjoncter. Emporté sur sa lancée, il déboutonne son jeans.

– Non ! Pas ça ! Écoutez mieux !

Il suspend aussitôt son geste.

– Pardon, Madame.

– Donnez-moi votre ceinture.

Ma voix se teinte de subtile menace. Il doit y être sensible, il a frémi.

– À la bonne heure ! Jolie ceinture, épaisse, avec une boucle bien lourde.

Je la fais cliqueter entre mes doigts. Tic tic tic. Nouveau frisson. Il m’imagine, c’est certain, lui zébrer le dos de métal.

Je confirme d’un ton plat :

– Durée estimée des marques, dix jours.

[…]
Deuxième extrait de Effeuilleuse

J’attends, Maîtresse

Chaussures plateforme chambrière2
[…]

Dans l’ombre, une forme. Quelqu’un. Un homme dans la soixantaine, nu à l’exception du bout de tissu qui couvre son sexe. Il se tient debout, silencieux et immobile, jambes serrées et bras écartés.

J’hésite à entrer. Un jeu doit être en cours. Je suppose que là, tapie quelque part derrière lui, se tient une femme avec un fouet. Je scrute les ténèbres. Personne. J’hésite encore.

J’entre. Personne, en effet.

Je demande tout de même :

– Mais vous êtes seul ?

– Oui, Maîtresse. Je suis seul et j’attends.

Je ne lui ai pas demandé quoi, ou plutôt qui. Je le savais déjà. Il attend une femme comme moi, une qui porte haut bottes, cravache et sourire sévère.

[…]
Troisième extrait de Effeuilleuse

La Lieuse

sourire cordes chanvre
[…]

“La Lieuse te désigne le centre de la chambre. Tu rampes tête basse sous le lampion rouge bordel, t’assois dans les éclaboussures sang et contemples ses mains, petites et puissantes.

Elle prend deux cordes dans son sac.

Une blanche, fine, qu’elle laisse roulée au sol.

Une rouge, épaisse, qu’elle love autour de ton cou.

Ses doigts travaillent vite, avec précision. Un nœud se loge à l’aplomb de tes clavicules, un deuxième entre tes tétons, un troisième sous ton nombril. Trois nœuds, trois grains de raisins écarlates tombés d’une grappe trop mûre.


[…]


Ma réputation de sadique n’étant plus à démontrer, je t’embrasse à la mesure de tes peurs. Autant dire que je les espère grandes, car ne je t’épargnerai pas… Pourquoi le ferais-je, d’ailleurs ?

Ta Lieuse.”

[…]